Amphibies en régate

 

Dur en ce lundi matin de se retrouver dans les embouteillages lorsque durant le week end on a savouré la liberté totale offerte par l’AVA. En effet, l’Association des Véhicules Amphibies de France avait convié ses membres les plus actifs pour 3 jours d’évasion sur la Seine. Entre Amphicars, Dutton, Jeep GPA, GAZ 46 et Dukw GMC, la régate de ces amphibies nous a permis une nouvelle fois de goûter au plaisir de voguer avec ses étonnantes machines, qu’elles aient eu vocation militaire ou civile.
Par Didier GriffoulièreAmphy035

Cela fait pratiquement 20 ans que Christophe Prier a craqué pour les amphibies, versions aquatiques de nos chères automobiles. Président passion de l’AVA de France, il avait confié cette année la barre de cette réunion annuelle dénommée Amphibiades 2017 à Alain Harrari, membre de l’association depuis qu’il a lui aussi eu ce moment de faiblesse pour une Amphicar il y a 3 ans.
Mais, qui dit véhicules amphibies, inclus automatiquement des versions militaires. C’est certain car, depuis des lustres, les belligérants ont toujours cherché soit à voguer jusque chez l’ennemi pour ensuite le poursuivre sur la terre ferme et pourquoi pas pouvoir tenter l’opération en sens inverse. Aussi des trésors d’imagination et de techniques diverses ont été utilisées dans ce seul but. Si nos hommes de guerre ont tout tenté du Drakkar à fond plat à l’aéroglisseur en passant par le char, on utilisa pédales, pneus, vis sans fin, turbines, hydrojet, coussin d’air pour tenter d’avoir l’avantage. Mais, au cours de la seconde moitié du 20e siècle c’est bien l’hélice couplée à une transmission d’automobile à moteur thermique qui s’avéra la recette la plus simple, la moins couteuse et la plus populaire.Amphy048

Entre civil et militaire
C’est de ce fondement belliqueux que naitront ces machines étonnantes destinées aux “Civils‘ à l’image de ces Amphicar qui pointent petit à petit le bout de leur capot sur les bords de la Seine à la base nautique de l’Ilon situé au Nord de Mantes-la-Jolie.
L’Amphicar est l’œuvre de l’Allemand Hans Trippel qui était un pionnier en matière d’amphibie au début du nazisme. Mais, s’il tenta de s’imposer avec son concept SG6, l’arrivée du fabuleux Schwimmwagen de Ferdinand Posrsche lui coupa la vague sous l’étrave. Ce n’est qu’en 1960 qu’il présente sa 770 qui connaitra un succès mitigé en Europe car son prix était celui d’une DS Citroën devenue star technologique et design. En revanche, malgré la centaine vendue en France, c’est aux Etats-Unis, déjà dans l’ère du loisir, que l’Amphicar connaitra le succès et la majorité des 3 000 exemplaires construits jusqu’en 1965 y vogueront en paix avant de disparaître. En effet, on récence aujourd’hui moins de 100 survivantes à travers le monde. 5 d’entre elles sont ici ce matin. Amphy023

L’aventure amphibie continue
Aussi, grimper à bord du magnifique exemplaire à la sellerie couleur ananas d’Alain Harrari laissait planer le doute chez votre serviteur plus habitué aux concepts costauds peint à l’Olive drab. Mais, avouons qu’après la mise à l’eau, l’engin est étonnant. Les portes basses bien verrouillés, on ne prend pas l’eau et le petit moteur Triumph placé à l’arrière peut rugir, propulsant cet Amphicar au look de muscle car US miniature sur les flots sans aucun complexe par rapport à ses poursuivants que sont nos célèbres Jeep GPA et GMC “Duck“.
Nous ne vous ferons pas l’affront de vous compter de nouveau l’histoire de ces 2 légendes de la seconde guerre mondiale, mais comparer à nos Amphicar, on peut constater que les vitesses sont sensiblement les mêmes face aux flots. Seule différence notoire, l’imposant “Duck“ offre le côté plus sécurisant d’une ligne de flottaison conséquente qui évite aussi les embruns. En revanche, sa consommation passe d’une quarantaine de litres au 100 km sur terre à plus de 180L sur l’eau.
Du côté de nos 2 GPA, c’est l’ambiance promenade avec des équipages qui avaient prévu les parasols et avouons que sous ce soleil de plomb, l’idée n’a rien d’inutile. Elles sont de toute façon moins agiles sur l’eau que les deux concurrentes soviétiques GAZ 46 présentes. Conçues plus de 10 ans après les GPA, si ces amphibies Russes reprennent le concept et les formes de la Ford, elles profitent de dimensions plus généreuses et des progrès techniques développés durant cette décennie. Amphy005
Parmis notre flottille qui ne passe pas inaperçue, il nous restait à découvrir les plus jeunes vaisseaux. Ils viennent cette fois de l’autre côté de la Manche. Il s’agit des derniers nés de l’Anglais Tim Dutton qui fait dans la tradition Anglaise des créateurs artisans de l’automobile. Ainsi nous aurons le privilège de rouler… Et surtout naviguer dans ce qui a tout de la baignoire en fibre de verre ; Le Commander S2. Sous ce costume jaune canard se cache une mécanique de 4×4 Suzuki Jimny adaptée par Dutton. Si la propulsion aquatique se fait ici via un hydrojet et non plus une hélice (2 sur les Amphicar), la vitesse de croisière est sensiblement identique. Aussi, toute l’escadre arrive en même temps sur la cale de Vétheuil et sort sans encombre sous les yeux incrédules des habitués des lieux. Les traversées de village ne sont pas plus discrètes, surtout lorsque pointe le bout de la coque d’un Duck et que celui-ci tombe en panne de transmissions au niveau d’un essieux. Quelques roulements de pompe à eau de GAZ 46 plus loin, le cortège de nos amphibies suivra dans le grandes lignes le programme qu’avait prévu Alain Harrari.Amphy044

Soirée barbecue plus longues que prévues, passages des écluses, baptêmes des visiteurs, restaurant en surnombre, panne d’essence, une aile froissée dans le port et 150 personnes présentes le dimanche soir auront animé cette fête des passionnés de la chose amphibie. Des machines d’exceptions qui restent toujours aussi surprenantes d’efficacité. Rendez-vous aux Amphibiades 2018…Retour aux embouteillages. Allez, avance, le feu est passé au kaki. Amphy065JPG

AVA France
Treven
35480 Guipry
Téléphone : 02 99 34 72 97

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